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Un texte qui m'a attirée...

Monter sur le pont d'un navire, quelques minutes avant l'aurore, en pleine mer, c'est presque revenir aux âges fabuleux du monde. Sur le seuil mystérieux du jour et de la nuit, à cette heure intermédiaire entre la réalité et le rêve, on ne voit pas où le ciel commence, où la mer se termine. Un voile de couleur livide voltige sur l'atmosphère, et, l'espace lui-même s'étant évanoui, il n'y a plus rien dans le vaste chaos, plus rien qu'une obscurité peu à peu lumineuse, souvent traversée par des frémissements, des rumeurs, des parfums très vagues, des nuances fugitives comme des irisations. Et l'on accepterait avec délices de se dissoudre dans ce néant immense et frais, si l'oeil ne s'inquiétait bientôt de ne rien discerner parmi tant de vapeurs éternellement ondoyantes. Il cherche en vain une forme, un contour, une ligne. Et quelle joie, quel hymne de reconnaissance et d'allégresse, quand le soleil perce soudain la pénombre, le soleil avec la chaleur, le soleil avec la clarté!...

# Posté le samedi 03 avril 2004 16:24

Modifié le lundi 15 juin 2009 07:38

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